Benny Aviña, Employé du réfectoire Oldenborg

Maggie: Si vous pouviez me dire votre nom, euh, depuis combien de temps vous travaillez ici, votre expérience ici, les souvenirs que tu en gardes, juste comme ça.
Benny: Oui, je m’appelle Benny Aviña, et ça fait déjà quarante ans que je travaille chez Pomona. À propos d’Oldenborg, je trouve que c’est une excellente idée. Je trouve vraiment que c’est une excellente idée. J’ai beaucoup d’expérience ici, je travaille ici depuis trop longtemps aussi, dans cette cuisine, dans cette cuisine en particulier. Mais je pense qu’on a vraiment besoin d’un autre endroit parce que ce bâtiment est un peu vieux. Donc je pense qu’il est nécessaire de mener à bien ce nouveau projet, tu sais, je pense que ça va être bénéfique pour tout le monde. Surtout pour les étudiants de Pomona.
Maggie: Dans quelles autres salles à manger avez-vous travaillé à Pomona ?
Benny: Je travaille aux 5Cs.
Maggie: Est-ce que l’Oldenborg vous semble spécial ou différent ?
Benny: Oh, absolument. Je veux dire, j’ai travaillé ici, comme je l’ai dit, j’ai travaillé à Frary, à Frank Hall, ici à Oldenborg. Euh, mais, oui, je veux dire, bien sûr, je suis tout près de la retraite et j’ai l’impression que c’est un super endroit où travailler, c’est une petite cuisine. Nous ne sommes pas très nombreux ici, donc l’ambiance est très détendue avec nous. Et euh, je pense qu’on va attendre de voir comment sera la nouvelle cuisine, mais je pense que ça ira.
Maggie: Pourquoi dites-vous ça? Qu’est-ce qui vous fait penser que le bâtiment est trop vieux, qu’est-ce qui vous fait penser qu’ils ont besoin d’un nouveau?
Benny: Eh bien, si je dis que le bâtiment est trop vieux, c’est parce que, quand on se promène dedans et qu’on regarde les murs, ça se voit. Ca se soit, je veux dire, on voit bien que tout a une fin, et je pense que c’est exactement ce qui est arrivé à Oldenborg. J’aimerais bien qu’ils ne le démolissent pas, mais en réalité, je pense que c’est nécessaire.
Maggie: Vous croyez que vous pourriez me montrer la cuisine pour que je puisse en filmer quelques images ?
Benny: Oui!
Maggie: C’est juste pour se souvenir…
Benny: Je vais fermer la porte à clé, vu que tu as ton appareil photo.
Maggie: Ah, d’accord.
Benny: Tu es déjà venue ici, n’est-ce pas? [designant la cafétéria]
Maggie: Oui
Benny: C’est ici que tous les élèves viennent manger tous les jours.
[il montre la salle à manger avec ses tables, puis la caméra revient sur la cafétéria]
[ils entrent dans la cuisine]
Benny: Cet équipement, c’est de l’équipement très ancien. [La caméra montre trois fours en acier empilés les uns sur les autres. Benny ouvre et ferme les portes des fours] Certains équipements, je veux dire, arrivent en fin de vie. La cuisine n’est pas très grande, mais elle est suffisante pour travailler. Pour faire ce qu’on fait ici, elle est assez grande, mais aussi, je veux dire […] parfois on pense aux tremblements de terre. Est-ce que ça sera assez solide en cas de tremblement de terre? C’est pour ça que je dis, tu sais, je pense que c’est une bonne idée de changer, de faire quelque chose de nouveau.
[La caméra continue de montrer différentes parties de la cuisine. On peut voir les cuisinières, les fours, les casseroles et poêles, ainsi que des étagères remplies de vaisselle, d’épices et de sucre.]
Benny: Mais n’oublie pas non plus que c’est un sous-sol en bas. C’est un sous-sol, et c’est un peu vieux. Il y a quelque chose que je veux te montrer, cette fissure juste là. [Nous sommes maintenant dans la salle à manger, debout près d’une fenêtre. Benny montre du doigt une fissure dans le mur juste à l’extérieur, qui s’étend sur au moins deux fois la longueur d’une main.]
Benny: Ça pourrait être grave, tu vois ce que je veux dire?
Maggie: Oui, c’est plutôt moche!
Benny: Je pense donc qu’il est temps de se lancer dans ce projet. Ça se voit en bas, à l’extérieur, …
Sophie Park, PO ’28

Maggie : D’accord. Si tu peux juste me faire une visite de ton dortoir, et ensuite je t’interviewe rapidement.
Sophie : Oui. Alors, euh, bonjour.
Maggie : Tu veux que j’enlève mes chaussures ?
Sophie : Oui, oui, oui. Oh mon Dieu.
Maggie : Attends, comment s’appellent les chats ?
Sophie : Euh, celui-ci s’appelle Nolo et le gris s’appelle Cu—Curu.
Maggie : Kubu.
Sophie: Oui, C-U-R-U. Ils sont nommés d’après les elfes de Tolkien.
Maggie : Wow, l’eau est fancy.
Sophie : Oui, donc ils boivent beaucoup d’eau et leurs reins ne sont pas abîmés.
Maggie : Moi, franchement, je ne donne pas trop d’eau à mon chat, et c’est ma faute.
Sophie : Non. Bref, oui. Alors, bonjour. Ça, c’est mon bureau. Euh, ça, c’est mon ordinateur portable. Oh, et ça, c’est l’écran iMac que mon père a acheté dans une vente aux enchères d’un community college.
Maggie : Oh, tu sais, moi je viens de gagner une Nintendo Switch.
Sophie : Oh, à la loterie ? Vraiment ?
Maggie : Oui.
Sophie : Attends, attends, comment ?
Maggie : La loterie Wii. Tu ne peux pas voter parce que tu es en deuxième année—c’est seulement pour les juniors et les seniors.
Sophie : Oh mon Dieu. Attends, celle avec la Switch ?
Maggie : Switch 2. Et ils m’ont donné Mario Kart.
Sophie : Attends, trop bien.
Maggie : Oui.
Sophie : Mes amis et moi, on joue à Tomodachi Life.
Maggie : Attends, je veux l’acheter.
Sophie : Oui, genre presque quatre heures la première semaine où on l’a eu. Tous les soirs dans un lounge japonais. Oui, on a un album Google Photos d’environ 350 photos maintenant, je pense, et des vidéos.
Maggie : De quoi ?
Sophie : Juste nous en train de jouer à Tomodachi Life.
Maggie : Attends, tu peux me le partager ? Enfin, si tu veux.
Sophie : Oh oui, bien sûr. Juste quelques-unes, pas les 350. Je peux t’envoyer le lien. De toute façon, il y a genre un million de personnes qui l’ont déjà regardé.
Maggie : Attends, là je me dis… ça va être moi. J’ai entendu dire que la Switch est super addictive.
Sophie : C’est vrai. C’est littéralement addictif.
Maggie : Attends, tu peux m’envoyer ça ?
Sophie : Oui. On crée des profs et des étudiants—de vrais gens. Oui, ils sont tous réels. Sauf Quagsire.
Maggie : Attends, quels profs ? Il y en a que je connais ?
Sophie : On a, euh… on a créé Zhiru.
Maggie : D’accord.
Sophie : Mais à part elle, on a tous les profs du département de japonais.
Donc ça c’est moi, ça c’est quelqu’un qui s’appelle Eli, ça c’est Shakriari, ça c’est mon ami Nathan, ça c’est Josh, ça c’est Shisha—tu connais forcément Shisha—et ça c’est ma fille fictive. Ça c’est Flu Kicker et Ya-sensei.
Maggie : Je ne sais pas qui c’est.
Maggie : Oh salut [au chat]. Il est tellement beau.
Sophie : Il l’est. Ça c’est Flu Kicker et Takahashi. Et ça c’est Karita. C’est assez drôle parce que Takahashi et Karita sont politiquement aux antipodes.
Maggie : Oui. Ah, je connais Josh.
Sophie : Josh est censé avoir un crush sur le résident de japonais.
Maggie : Attends, en vrai ?
Sophie : Non, pas en vrai—dans le jeu.
Maggie : Tu parles de Jésus ?
Sophie : Bon, écoute, je vais juste t’envoyer toute l’application.
Maggie : D’accord.
Sophie : Aussi, il faut qu’on se voie pour le… euh…
Maggie : Oui, oui, oui, il nous faut du temps. Je peux te l’apporter. Il faut juste que je le retrouve. Je l’ai déjà vu, il faut juste que je le retrouve et que je te l’apporte. OMG.
Sophie : D’accord. La visite du dortoir suffit ?
Maggie : Ah oui, oui, c’est suffisant. Peut-être… ça, c’est l’arbre à chats. C’est trop cool. Tu aimes vivre à Oldenborg ?
Sophie : Je vais vraiment beaucoup le regretter.
Maggie : Pourquoi ?
Sophie : J’ai honnêtement rencontré tellement d’amis ici, et la structure de la communauté japonaise est spéciale parce qu’elle est petite mais très soudée. Les autres language halls n’ont pas ça. Ça ne sera pas pareil, tu vois.
Maggie : Oui.
Sophie : J’ai aussi entendu que le Japanese language hall est vraiment très soudé.
Maggie : Tu fais le club de mahjong ?
Sophie : Oh oui. Shixiao qui dirige le club de mahjong et Josh—ils vivent tous les deux dans le Japanese hall.
Maggie : Oui.
Maggie : Tu as des souvenirs particuliers ou des choses que tu veux partager que tu vas regretter à Oldenborg, ou comment tu te sens par rapport au fait qu’il soit détruit ?
Sophie : Honnêtement, je vais un peu regretter même l’amiante.
Maggie : Le quoi ?
Sophie : L’amiante. Oh, c’est ce matériau isolant cancérigène.
Maggie : Ah oui. Tu vas regretter ça ?
Sophie : Oui, parce que soi-disant tout ce bâtiment a des niveaux toxiques d’amiante et c’est pour ça qu’ils veulent le démolir. Mais oui, je vais surtout beaucoup regretter mes amis.
Maggie : Mais tu les auras toujours.
Sophie : Oui, mais ils seront en échange ou ils auront gradué. Oui.
Maggie : Tu es quelqu’un d’intéressant, Sophie.
Sophie : Je le suis ?
Maggie : Oui, bien sûr.
Sophie : Vraiment ? Il y a des mystères profonds et merveilleux en moi.
Maggie : Bon, merci pour ton temps.
Sophie : Pas de problème.
Maggie : Je vais y aller.
Sophie : Merci d’être venue voir mon chat.
Maggie : J’espère qu’on pourra faire une journée jeux de chat. Oui, mon chat sera plus timide. Elle est toute petite.
Sophie : Et ces chats ne font que grandir. Tu grandis tellement, Nolo. Oui, et c’est drôle parce que Ku a beaucoup plus d’appétit que Kuru, mais Nolo est minuscule. Selon la boîte—c’est comme ça que ça s’appelle dans l’application du gestionnaire de litière.
Maggie : Bon, je te laisse.
Sophie : D’accord, merci. Je t’ai envoyé le lien de l’album.
Maggie : Oh trop bien.
Sophie : Tu peux le parcourir.
Maggie : Merci beaucoup. Je peux en mettre sur le site ?
Sophie : Oui, oui.
Maggie : Super. Merci. Allez, salut.
Maggie : D’accord.
Sophie : Oui. Alors, ce sont des affiches réalisées par la classe avancée de langue. Tu en verras beaucoup un peu partout. Et ce sont aussi des dessins de Pokémon que Shixiao a personnalisés pour tout le monde.
Puis, un peu plus tard, Eli, qui est essentiellement responsable de toute la planification des événements et de la décoration du lounge japonais, a imprimé des découpages pour tout le monde. Et tout le monde a reçu une île japonaise.
Voici un événement que Nathan et moi avons travaillé comme des malades pour organiser. Et ce sont des photos d’un événement de fabrication de kimbap. C’était censé être un événement de “cultural unity” entre les communautés japonaise et coréenne, parce que Noi, qui est le résident de langue japonaise, aime beaucoup la culture coréenne.
Oh, le voilà. Quag. King Quag. [rire]
Eli a lancé le système des îles pour la classe avancée. Oui, Lizzy et puis Addie.
Maggie : Les Pokémon étaient personnalisés en fonction de quoi ?
Sophie : Honnêtement, je pense la personnalité. Comme moi—j’ai dit que je voulais un Pokémon de départ, et on m’a donné Grenousse (Froakie). Mais pour être honnête, comme je suis très attachée à Pokémon Soleil et Lune, j’aurais préféré Brindibou (Rowlet).
Donc Eli a imprimé un Brindibou pour moi et l’a caché quelque part dans le lounge, en me défiant de le retrouver. Il était derrière l’alarme incendie rouge, juste là. [rire] Et il avait volontairement été placé de façon à ce qu’une personne petite comme moi ne puisse pas le voir.
Mais oui, Eli cache aussi parfois des choses dans les dalles du plafond.
Et ça a même été utilisé comme une sorte de mesure “anti-addiction” à Tomodachi Life, parce que j’ai tendance à avoir des comportements addictifs, y compris avec Tomodachi Life—puisque je suis la propriétaire de la Switch Tomodachi Life.
Maggie : Attends, tu as une Switch ?
Sophie : Oui. Oui. Oui. Mes parents l’ont apportée dès qu’ils ont compris le jeu parce que je les ai suppliés. Ils vivent à San Diego et devaient de toute façon monter ici. La veille, je leur ai envoyé un message du genre : « Mom, Dad, mes amis et moi on veut vraiment vraiment vraiment jouer à Tomodachi Life et on a besoin d’une Switch. Est-ce que vous pouvez s’il vous plaît apporter la Switch familiale ? »
Et ils l’ont fait.
Maggie : Wow. Tu peux me faire une visite du lounge japonais ?
Sophie : Oui.
Maggie : Attends, c’est trop joli. Attends, cette porte—oui. Attends, les autres lounges n’ont pas ça ?
Sophie : Oui, normalement, selon la règle, cette porte est censée être verrouillée et tout ce qu’il y a ici devrait être sous la responsabilité de Noi, mais clairement ce n’est pas toujours le cas.
Ici, on a les planches de paddle de Nomi. Là, il y a les restes de boba que Kai nous a achetés il y a deux jours chez Sunright. Là, c’est mes affaires. Il me reste genre deux boissons. Voici mes “moss balls”. Je ne sais plus à qui ils appartenaient.
Maggie : Tes quoi ? C’est quoi ça ?
Sophie : Des boules de mousse. Oui, je les ai mises ici dès que les chats sont arrivés. Et là, c’est ma bouilloire / machine à laver. Là, mes outils de nettoyage, les gamelles pour les chats, et mes contributions au Japanese hall. Tout le monde met sa nourriture dans le frigo—même les non-Japonais, je pense.
Maggie : Pourquoi les autres n’ont pas de frigos ?
Sophie : Il n’y a pas de frigos accessibles, parce que les autres language residents ferment leurs cuisines à clé.
Maggie : Ah, parce que les autres ont ça dans leur porte, non ?
Sophie : Oui, mais je crois que les lounges russe et espagnol ont un système similaire—genre verrouillé mais techniquement accessible—mais les language residents les gardent fermés.
Et je crois que les Joy-Cons sont actuellement ici.
Maggie : Les quoi ?
Sophie : Les Joy-Cons. Les manettes de la Switch. Elles sont ici pour que je ne puisse pas les toucher. [rire]
Maggie : Elles sont vraiment là-dedans ?
Sophie : Oui, oui, oui. Nathan et Eli les ont cachées là-dedans hier soir et m’ont fait fermer les yeux. [rire]
Maggie : Oh mon Dieu.
Sophie : Oui.
Maggie : Et comment tu savais qu’elles étaient là ?
Sophie : Parce qu’ils m’ont dit : « Ok Sophie, ferme les yeux », et ils sont allés dans la cuisine. Et je me suis dit : bon, ils ont caché ça quelque part où je ne peux pas atteindre, et ce n’est pas ici, donc forcément c’est là-dedans. Et de toute façon je ne peux pas atteindre. J’ai essayé. J’ai tout de suite deviné. Mais oui—la première fois qu’ils l’ont caché, Eli les avait mises dans les dalles du plafond, sérieux.
Monique Saigal, Professeur émérite

Monique : Oh, ben très bien. Euh oui, alors je suis arrivée à Pomona College, à Claremont, en 1965. Et Oldenborg a été construit en 1966, mais je ne me souviens pas du début d’Oldenborg. Ça, je ne m’en souviens pas.
Alors, je peux dire qu’il y a une différence entre cette année, l’année d’avant, et ce qu’il y avait quand moi j’allais à Oldenborg, quand j’enseignais le français. D’abord, on n’avait pas autant de monde. On n’avait pas autant d’étudiants, autant de personnes.
Et aussi, la chose qui a disparu, c’est le plateau. Avant, quand je venais à Oldenborg, il y avait un plateau et on mettait ce qu’on voulait manger dessus. Puis tout d’un coup, enfin peut-être quelques années après, il n’y avait plus de plateau. Alors j’ai demandé : « Pourquoi il n’y a plus de plateau ? » On nous a dit : « Les étudiants se servent trop de nourriture et ils ne la finissent pas. » Donc, on pensait qu’ainsi les étudiants mangeraient moins et gaspilleraient moins.
Ça, c’est une chose dont je me souviens, tu vois. Et puis il y avait moins d’étudiants venant d’un peu partout. Tandis que maintenant, il y a des étudiants d’Afrique, des étudiants de France, d’Espagne, du Brésil, du Portugal, enfin, etcetera. Quand moi j’allais à Oldenborg, ce n’étaient que des étudiants des États-Unis et nous étions moins nombreux.
Et puis, euh, je ne sais pas trop quoi te dire là-dessus. C’est que maintenant, c’est beaucoup plus vaste, beaucoup plus international, disons. Et maintenant, on enseigne des langues. Je ne peux même pas prononcer certaines des langues que je vois écrites sur les petits panneaux parce que je ne les connais pas, tu sais. Il y avait simplement le français, l’espagnol, l’allemand, peut-être le portugais, je ne sais même plus. Mais il n’y avait pas toutes ces langues africaines ou d’autres langues dont je ne connais pas l’origine. Donc les tables de langues n’étaient pas du tout aussi internationales qu’aujourd’hui.
Les résidents d’Oldenborg vont être répartis dans différents endroits l’année prochaine. Mais pendant toutes ces années, ici, il y avait les personnes qui travaillaient pour Oldenborg, les résidents, et puis la nourriture… Oui, c’était la même chose. Peut-être que la nourriture était un peu meilleure autrefois. Mais maintenant, les tables de langues vont être séparées aussi. Oui. Les tables de langues vont être à Frank. Et, par exemple, le résident français… Je lui parlais récemment, et on lui a donné une petite maison sur College Avenue.
Maggie : Waouh.
Monique : Tu ne te rends pas compte de l’âge que j’ai, tu sais. Tu sais quel âge j’ai ?
Maggie : Non.
Monique : J’ai 88 ans. Et donc ma mémoire n’est pas aussi bonne que la tienne.
Maggie : Ah, mais êtes-vous triste ?
Monique : Oui, je suis triste.
Maggie : Pourquoi ?
Monique : Parce qu’ici, on est tous ensemble. Non seulement les étudiants viennent de plusieurs pays, de plusieurs races, et j’adore ça. Je trouve que c’est enrichissant quand on est différent, parce qu’on apprend des choses que l’on ne connaît pas. Et ça, je trouve que c’est parfait.
Mais ici, vous avez le bureau de la directrice, les personnes qui travaillent ici, puis les résidents qui vivent là-bas, au deuxième étage…
Maggie : Oui, oui, oui.
Monique : Alors on est moins ensemble physiquement. Mais je ne sais pas, parce qu’ils veulent agrandir Oldenborg.
Maggie : Oh !
Monique : Et par exemple, dans le nouvel Oldenborg, il y aura la salle à manger, mais il y aura aussi des salles de classe où l’on pourra enseigner. Puis il y aura également d’autres espaces pour inviter quelqu’un à faire une présentation. Il y aura des salles spéciales. Donc ils veulent agrandir, ils veulent vraiment agrandir.
Et même, j’ai vu, ou entendu, que le semestre prochain il y aura trop d’étudiants pour qu’on puisse tous les loger.
Maggie : Oui, oui, oui.
Monique : Alors on dit aux étudiants qui vont être en deuxième année qu’ils peuvent partir en Europe avec les programmes d’études à l’étranger. Tu vois, c’est un problème maintenant.
Maggie : Et j’ai entendu dire que des étudiants paient d’autres étudiants pour obtenir un meilleur créneau de logement. Jusqu’à 4 000 dollars.
Monique : 4 000 dollars ? Oui, oh là là !Est-ce que c’est pour une chambre individuelle ? Est-ce qu’on peut loger deux personnes ou est-ce que c’est seulement pour une personne ?
Maggie : Pour une personne. Parce que l’attribution des logements est aléatoire.
Monique : Oui. Non, mais ce que je remarque dans tout ce qu’on fait, c’est qu’il y a le bon côté et le mauvais côté. Il y a des choses qui nous plaisent et des choses qui ne nous plaisent pas.
Alors, dans ce nouvel Oldenborg, peut-être qu’il y aura certaines choses que nous aimerons. Mais je crois que ce qui est important, c’est d’essayer de réunir des étudiants de différents pays qui parlent différentes langues. Parce que cela nous apporte une certaine paix.
Parce que maintenant, aux États-Unis et dans le monde, il y a des guerres qui se propagent. Alors c’est mieux d’être avec quelqu’un de différent, quelqu’un à qui l’on peut parler. Et peut-être qu’on peut empêcher ce genre de choses. Enfin…
Maggie : Quels sujets abordez-vous ici avec les étudiants en général ?
Monique : Généralement, je leur demande comment ils s’appellent et dans quel collège ils sont. Parce qu’il y en a qui viennent de Scripps, de CMC, même de Harvey Mudd. Et puis je leur demande quels sont les sujets qui les intéressent.
S’ils sont en première année, ils ne savent peut-être pas encore sur quoi ils vont se spécialiser, mais je leur demande quand même : « Quels cours suivez-vous ? Quel cours de français prenez-vous ? Pourquoi prenez-vous ce cours de français ? Et qu’avez-vous l’intention de faire lorsque vous écrirez votre thèse ? Est-ce que vous avez déjà une idée de ce qui vous intéresse ? »
Maggie : Vous aimez aider les autres pour pratiquer la langue?
Monique: Oui, j’aime beaucoup aider les autres à pratiquer la langue. Et je ne veux pas les mettre mal à l’aise. Il y a des étudiants qui apprécient qu’on les corrige, et d’autres qui sont embarrassés. Alors je fais attention.
Par exemple, si quelqu’un me dit : « J’aille au magasin », ce n’est pas correct. Mais je réponds : « Ah oui, alors tu dis que tu vas au magasin, tu vois. » Je le répète de cette façon pour que l’étudiant ne soit pas embarrassé.
Maggie : Oui. Oui. Oui. Vraiment, je j’éprouve ça. Ouais. Et je me rappelle que vous me dites toujours : « Vous comprenez ? Vous comprenez ? » et c’est très utile pour moi.
Monique : Ah ben, je suis contente d’entendre que je fais quelque chose de bien.
Alors, euh… qu’est-ce que je peux te dire d’autre ?
Maggie : Merci.
Léonard Schnakenbourg, Dernier résident français d’Oldenborg

Salut, c’est Léonard et bienvenue chez moi.
Euh donc ici, il y a un petit salon juste derrière la cuisine. Il y a vraiment tout équipé.
Une petite table juste ici. Euh c’est pas très bien rangé, c’est pas grave.
Ensuite, une petite salle de bain juste juste pour moi. Et enfin, c’est la partie la plus importante, je pense. Une grande chambre pour moi. Donc voilà.
Leonard: Euh moi je m’appelle Léonard, je suis résident de langue pour cette année et l’année prochaine aussi. Je viens de Nantes, euh, une ville du nord-ouest de la France et euh mon rôle principale à l’Oldenborg c’est de faciliter euh l’usage du français dans mon hall, donc avec tous les autres étudiants qui souhait euh parler Français, euh organiser des événements, mais surtout ici être présent au tables de langue tous les midis à Oldenborg.
Euh, alors déjà pourquoi j’avais envi de venir c’était parce que j’ai toujours souhaité étudier, travailler, euh, au Etats-Unis. Et comment j’ai entendu parler du post, il-y-a, en fait un programme qui travaille avec l’université qui envoie chaque année des résidents de langue dans des universités euh partout à travailler en les Etats-Unis. Euh, mais c’est vraiment Pomona qui m’a choisi plutôt que moi qui a choisi Pomona. Donc j’ai beaucoup de chance de […] ici parce que j’ aurais pu […] dans d’autres endroits beaucoup beaucoup moins bien.
Alors j’ai beaucoup aimé mon expérience cet année euh vive au milieu d’étudiants qui aime la culture Française et veulent parler euh le Français, c’est toujours quelque chose d’agréable. Euh, organiser des événements c’est ma fait très plaisir aussi avec toujours des gens qui venaient qui était motivée. Donc franchement une très bonne expérience dont je- je garderai beaucoup beaucoup de souvenirs.
Alors Oldenborg c’est particulier puisqu’on vit avec d’autres langues en commun. Donc euh, c’est le fait de voire aussi même euh des gens qui n’habitent pas dans notre hall, et pouvoir partager notre langue. Donc le Français que se savait que des gens qui parlent l’Allemand, ou Chinois ou Japonais peu importe. Je pense que ce dont je me souviendrai le plus c’est tous les- ce qu’on appelle des “study breaks” qui arrivait une fois par mois et qui etait des activités euh souvent le soir que je devais organiser, autour de la culture Française. Donc on a eu des trivia nights, on a eu, euh, de peindre des masques pour le Carnaval de Nice, euh aussi faire des madeleines, de la cuisine. Donc tous ces événements, il y avait des étudiants qui participaient autour d’un moment […] c’est ce que- je pense dont je me souviendrai le plus.
Alors, on a appris en début d’année que Oldenborg allait être détruite à la fin, et que qu’on allait être les derniers…
Maggie: Est ce-que tu sais la raison pourquoi?
Leonard: Euh, parce que le bâtiment est trop vieux, et ils veulent juste détruire parce qu’il a été construit en 1960.. Dans les années 60s, et euh c’est vrai que c’est un peu en la bient[?] à l’intérieur d’Oldenborg, du coup ils ont décidé de détruire pour refaire un bâtiment beaucoup plus moderne, qui sera beaucoup beaucoup mieux. J’étais un peu triste, mais aussi content de faire partie des derniers résidents de langue de Oldenborg puisque c’est quelque chose d’assez- d’assez symbolique. Donc euh, j’étais assez content, mais euh, le fait que je reste l’année prochaine et que Oldenborg ne sera plus là, je pense que l’expérience sera différente, donc euh, c’est aussi un peu triste.
Amri Gussenhoven, PO ’28

Voici la transcription traduite en français :
Amri : Bonjour. Je dois me présenter ?
Maggie : Bien sûr.
Amri : D’accord, salut.
Maggie : Ou je peux t’interviewer plus tard, et tu peux juste me faire visiter.
Amri : D’accord, cool. Alors oui, bienvenue dans ma chambre à Oldenborg. Je suis dans le couloir francophone, et j’ai vraiment adoré vivre ici jusqu’ici. L’année dernière était tellement triste. Mais oui, voilà ma chambre.
Attends, ça te dérange si je ferme la porte ? Attends, tu peux bouger tes chaussures. J’adore tes chaussures, soit dit en passant. Merci de les avoir enlevées.
D’accord, ouais. Alors, tu veux que je commence par quoi ? Il y a quelque chose qui te rend curieuse ?
Maggie : Oh, dis-moi ce que c’est que ça.
Amri : D’accord, alors c’est une grande fresque que j’ai faite moi-même depuis le Hive. Je suis arrivée ici, j’ai vu ces grands murs bleus, et je me suis dit : « D’accord, comment je vais les remplir ? »
Je pensais à accrocher une grande tapisserie, mais j’ai découvert qu’ils avaient de grandes feuilles de papier beaucoup moins chères au Hive. Alors, dans les premières semaines de cours, je me suis installée dans le salon francophone et j’ai envoyé des messages à tout le monde pour leur demander de venir dessiner sur cette fresque. Ce sont donc des illustrations de tous mes amis. Et puis ce sont, euh, plus tôt dans le semestre, mes amis ont organisé une fête pour mon demi-anniversaire. Très gentil de leur part. C’est parce que mon anniversaire tombe en été et ils voulaient juste me fêter. J’ai donc aussi des petits mots de leur part, tirés de la carte qu’ils m’ont faite. Mais voilà.
Maggie : Et cet espace-là, c’est quoi ?
Amri : Cet espace ? Ouais.
Euh, ouais. Alors, j’ai — par quoi commencer ? D’accord. Alors je pense que ça s’appelle — je vais pas mentir, j’ai honnêtement oublié le nom de ce petit coin ou de cette petite table. Mais j’ai toujours vraiment aimé le thé, et comme tu peux le voir j’ai une petite tasse de thé ici, donc j’aimais l’idée d’avoir une petite table.
Parce que, genre, ma chambre est assez grande et donc je voulais optimiser l’espace le plus possible, et alors, je sais pas, j’ai cette petite chaise ici et ça structure l’espace.
Maggie : Ce serait fou de mettre le lit juste ici.
Amri : Hors de question. Ce serait — ça serait nul. Non, genre, la configuration actuelle c’était déjà comme ça quand je suis arrivée, et la personne avant avait raison, je n’ai pas touché à quoi que ce soit.
Mais ouais, j’aime le thé, et donc je me suis dit, j’ai ces coussins ici et cette chaise — et si j’avais un petit coin à thé ? Alors ouais, j’ai des magazines ici pour avoir des conversations.
Maggie : Tu utilises vraiment cet espace ?
Amri : Oui, vraiment. D’accord, cet espace en particulier, euh, j’ai organisé ma chambre — j’ai planifié pour avoir un espace académique, un espace pour dormir, et celui-ci c’est aussi mon espace social. Je voulais créer un endroit cosy pour que mes amis viennent traîner. C’est spécifiquement pour ça que j’ai pris ce coussin, cette chaise, et aussi ce tapis est super doux, donc beaucoup de gens aiment juste s’y asseoir.
Maggie : Et ton bureau, qu’est-ce qu’il y a sur tes murs ?
Amri : Mes murs. D’accord. Ouais, j’ai euh une œuvre que j’ai dessinée pour mon cours de dessin le semestre dernier.
Maggie : Attends, attends, c’était avec qui ?
Amri : Euh, Mercedes Teixido ? Est-ce que je prononce son nom correctement ? Je n’en ai aucune idée.
Maggie : Je n’en sais rien non plus.
Amri : Ouais. J’ai des mots de mes amis. Euh, et puis ouais, sur le mur de mon bureau j’ai une œuvre d’une de mes artistes ésotériques préférées, Helma A. Klimt. Elle est connue pour avoir fait partie du mouvement théosophique.
Et je fais partie de la Coalition des artistes des 5C. Si vous ne l’avez pas encore regardé, c’est un super club des 5C dédié à fournir des ressources artistiques aux étudiants des cinq universités.
Maggie : T’as deux mecs nus qui luttent.
Amri : Ouais. Ouais. Alors c’était un événement vraiment cool qu’on a eu avec euh Mark Allen et Virginie Duzer de différents départements, et puis je crois qu’il venait de l’extérieur du campus, Dustin Stokes. Mais oui, événement incroyable, tellement stimulant, tellement intéressant. C’est une belle affiche.
Comme vous pouvez le voir, on a aussi des artistes très talentueux au sein du club lui-même. Donc vous devriez vraiment y jeter un œil. Euh, mais ouais, j’ai aussi — ouais, qu’est-ce que j’ai d’autre ici — j’aime collectionner les cartes de tarot, et donc c’est une carte qu’une amie m’a offerte, ou un jeu, et c’est une des cartes que je trouvais juste, genre, j’aime le motif de l’arbre.
Et puis euh c’est en fait le dos d’un autre jeu que j’ai, ou une carte d’un autre jeu que j’ai, mais j’aime aussi juste le design. Euh, et puis j’aime la poésie, et donc j’ai de très jolies couvertures de livres de poésie que j’avais et que je pensais que ça ferait une sorte de déco sympa.
Et puis j’ai dessiné ces deux personnes il y a un moment et elles ont été sur le mur de chaque espace de travail que j’ai eu. Ce sont des hommes.
Maggie : Des personnes ?
Amri : Neutre en termes de genre. D’accord, je m’excuse, je réfère à tout le monde et n’importe quoi comme « un mec ». Pas un mec, mais des mecs.
Euh, et puis ouais — oh, Leonardo aussi, j’aimais juste cette image en particulier, je pense qu’elle équilibre le marron sur le mur. Et puis euh — wow, de la couleur, oui, tellement de couleurs.
J’ai une autre œuvre du cours de Mercedes de l’année dernière. Euh, c’est une lettre d’une amie. Euh —
Maggie : Je vais pas — je vais pas zoomer dessus. Je vais pas, je vais pas.
Amri : Oh ouais ouais ouais, merci, merci.
Amri : Euh, oh, ces personnages-là — j’adore le Studio Ghibli.
Maggie : Oh mon dieu, pareil.
Amri : Je devrais savoir, c’est Ghibli ou Ghibli ?
Amri : Je crois que c’est Ghibli.
D’accord, moi aussi j’ai toujours dit Ghibli, mais oui — d’accord, d’accord. J’ai eu ces petites figurines et ça venait avec ça, et je me suis dit, oh, c’est un joli petit setup, j’aime les couleurs, c’est tellement mignon.
Et ouais, euh, c’est un autre — c’est une œuvre de, je crois, Benjamin Creme, un autre artiste ésotérique que je suis depuis un moment. Euh, qu’est-ce que j’ai d’autre ici — oh, Paul Cézanne. Et ça fait en fait partie d’une plus grande collection d’affiches que j’ai au-dessus de mon lit.
Maggie : Cool.
Amri : Mais oui, ouais — j’aimais les couleurs dedans parce que c’était un de ces packs d’affiches avec plein de designs différents, mais genre, la majorité de mes artistes préférés sont dans ce pack — Gustav Klimt, favori absolu.
Euh, j’adore William Morris, Monet — oh mon dieu — enfin oui.
Et puis oh, c’est aussi un de mes artistes musicaux — je ne sais pas comment prononcer son nom, ça va être gênant — j’adore tellement de gens dont je ne sais pas prononcer le nom.
Euh, mais oui, cet homme — N, U, G, A, B, E, S — New Gabis, New Jabes, je sais pas.
Maggie : Ça a l’air dur à prononcer, je n’ai jamais vu ça.
Amri : Il fait juste, genre — je pense qu’il est connu comme le père de ce qui est devenu le genre lo-fi.
Maggie : Vraiment ?
Amri : Il fait des beats hip-hop vraiment chill et sympas.
Maggie : Je ne connais pas.
Amri : Mais oui, j’adore son travail. Euh, et puis ouais — qu’est-ce que j’ai d’autre, de quoi d’autre je devrais parler ? Ouais, je peux parler de ma bibliothèque, j’ai plein de trucs là-dedans — ouais, bien sûr, euh, oups — encore plus de petits détails, oui.
Maggie : Et après ça, je vais aussi faire une courte interview.
Oh pardon. D’accord, ou ouais, mais ouais, tu peux parler de la bibliothèque.
Amri : Oui, d’accord. Comme je disais, j’adore le thé. Alors je garde tout mon thé ici, et j’ai mon petit coin à thé là-bas avec des tasses et des petites choses.
Maggie : T’as jamais fait partie du club de thé ?
Amri : ???
Maggie : Il y a un club de thé qui se réunit en même temps qu’ArtCo.
Amri : Oh, le cercle du thé ?
Maggie : Ouais, c’est ça — c’est essentiellement un groupe d’amis qui boivent du thé ensemble. Ils ne se réunissent pas ce semestre mais ils pourraient revenir. Ils sont sur Instagram.
Amri : Je ne sais pas. Je bois beaucoup de thé — cardamome-cannelle, ginseng au miel, camomille-rose. Voilà ma bouilloire. Ça, c’est pour un club dont je fais partie, le Claremont Journal of Arts and Media. C’est — oh.
Maggie : Je crois que j’en ai entendu parler.
Amri : Ouais, c’est un — oh attends, tu l’as peut-être — probablement.
Maggie : Oh mon dieu, attends — d’accord, j’invente peut-être ça.
Amri : Tu devrais vraiment y jeter un œil, c’est un club relativement récent, mais oui, comme vous pouvez le voir, notre thème c’est Sea Jam Jam. Et ouais, je le garde juste avec mon coin condiments, mon coin thé.
Amri : Euh, qu’est-ce que j’ai d’autre — j’ai oh — des peintures acryliques que j’ai honnêtement pas autant utilisées que je le voulais cette année. Je les ai utilisées pour peindre la fresque et j’avais des gens qui venaient juste les utiliser pour peindre ce qu’ils voulaient — c’était vraiment sympa.
Euh, et puis j’ai des livres que j’ai pris à la fois au Recoop en début d’année et puis, tu sais, le Library Prison Project. Certains de ces livres viennent aussi de là — comme ce livre euh sur les femmes artistes et, je suppose, comment elles ont essayé de se faire une place dans l’art mainstream, surtout parce que les femmes ont été historiquement marginalisées dans le monde de l’art. Un livre vraiment intéressant.
Puis j’ai oui, encore des livres d’art. Un livre de manga — oh, j’ai eu ça — oh mon dieu, je veux vraiment me mettre au manga.
Toi — j’adore — d’accord, le manga c’est ce qui m’a donné envie de dessiner en fait — j’adore juste les illustrations et c’est comme ça que j’ai commencé à expérimenter moi-même, et je l’ai eu en fait quand j’étais au Québec. Ouais, d’accord, c’est un souvenir du Québec — je suis à peu près sûre que c’est en français. Oui — oh mon dieu, du manga français, super sympa.
D’accord, euh, et puis ouais, des recueils de poésie — Emily Dickinson. Euh, qu’est-ce que j’ai d’autre — encore des livres d’anglais et de poésie.
Euh, oh, Anton Tchekhov — je l’ai eu au Recoop, j’apprécie beaucoup son travail — euh ouais, quels autres livres. Mary Oliver — pas vraiment un recueil de poésie — j’ai mon prof d’anglais au lycée qui m’a offert un livre sur elle, genre un manuel de poésie, ses conseils sur comment écrire de la poésie, mais pas un livre de sa vraie poésie — mais c’est pas grave, je l’adore.
Euh, ouais — oh, et aussi — j’ai pas encore lu celui-là, mais c’est genre — ça s’appelle Les Journaux de Roger Casement, et c’est essentiellement le journal de cet — euh, c’était un martyr irlandais qui a été pendu par les Britanniques pour son engagement social contre la colonisation. Ouais, je veux dire, je suis major en sociologie, donc ça —
Maggie : Je ne savais pas ça, tu fais une double majeure ?
Amri : Ouais, j’essaie — souhaitez-moi bonne chance. Euh, mais ouais — je sais pas, ça m’a semblé vraiment intéressant parce que — genre, il était martyr donc il allait évidemment avoir un impact énorme et monumental ou peu importe, mais je pense que du point de vue de son journal en particulier, on peut vraiment rentrer dans sa tête et comprendre qui il était en tant qu’être humain plutôt que comme figure historique.
Donc je trouvais ça vraiment cool. Et puis oh mon dieu — c’est euh — qu’est-ce que c’est — d’accord, j’ai cru que c’était une œuvre de Claude Monet et c’est pour ça que je l’ai pris — genre, cet autre — c’est un club différent — c’est pas Claude Monet. J’ai été induite en erreur, j’étais tellement excitée.
Euh, c’est en fait — d’accord, c’est vraiment intéressant — c’est à propos d’un gars qui parle, je suppose, de ses expériences à être censément allé dans l’au-delà. Euh, ouais, donc je veux dire — pas Claude Monet, mais quand même très très intrigant, ce Claude — et aussi la couverture — la couverture est tellement trompeuse — je comprends pas pourquoi ils utiliseraient cette peinture impressionniste au hasard dans le livre de Claude — sérieusement. Mais quand même, une lecture vraiment intéressante. Et puis oh mon dieu, mon amie m’a offert Le Château ambulant en version originale et ça a été une vraie source de bonheur.
Maggie : Attends, tu peux le feuilleter ?
Amri : Oui — attends — je sais pas comment faire ça de manière esthétique — c’était bien ?
Maggie : Oh, je pensais qu’il y aurait des images, je sais pas pourquoi.
Amri : Oh, non, malheureusement — mais c’était — je sais pas qui a illustré ça ou si c’était basé sur la version Ghibli, mais c’est juste de là — je sais pas. Mm, cool, ouais.
Maggie : Tu veux faire une courte interview sur Oldenborg ?
Amri : Bien sûr.
Maggie : Alors, si tu pouvais juste me dire ton nom, ton année, le couloir dans lequel tu vis, et ta relation à Oldenborg — que ce soit le dortoir, le couloir linguistique, les événements, les tables. Ouais, c’est ma première question.
Amri : D’accord, ouais. Je m’appelle Amri. Je suis en deuxième année et je vis dans le couloir francophone.
Ma relation à Oldenborg… Je trouve ça un peu drôle parce que j’ai commencé à apprendre le français quand j’avais environ sept ans. Je dirais pas que je suis parfaitement bilingue — j’apprends encore — mais j’ai toujours été vraiment passionnée par les langues et par la découverte de différentes cultures.
Je viens d’un milieu très multiculturel parce que je suis métisse, donc cette perspective internationale compte beaucoup pour moi. Et je pense qu’Oldenborg l’incarne à bien des égards.
Même si je suis du couloir francophone, j’ai pu aller à plein d’événements dans d’autres couloirs, et c’était vraiment cool. Il y a vraiment une communauté Oldenborg plus large, même avec les communautés linguistiques séparées. C’est cet esprit partagé d’accueillir et de découvrir véritablement différentes cultures.
Même l’année dernière, beaucoup de mes camarades de couloir de première année ont fini par migrer vers Oldenborg, ce qui est assez drôle. On formait un super groupe, et tout le monde dans le couloir était ami, en gros.
C’est marrant parce que tout le monde là-bas était aussi vraiment passionné par l’apprentissage des langues, ou du moins ouvert à ça. Avant qu’on déménage tous à Oldenborg, je pratiquais le français de manière informelle avec des amis qui parlaient espagnol ou qui voulaient juste apprendre le français, ou les gens parlaient des langues différentes pour s’amuser.
Alors ouais, j’ai vraiment adoré vivre ici. Les équipements sont plutôt bons, j’adore la disposition de ma chambre, j’adore avoir ma propre salle de bain, et les gens ici sont vraiment sympas.
Maggie : Je pensais que tu allais parler des moisissures.
Amri : Oh non. D’accord. J’étais vraiment sincère dans tout ce que j’ai dit, mais j’ai aussi l’impression de sonner comme une brochure d’Oldenborg.
Genre, ça fait un peu trop bien rodé. Mais ouais, Pomona a eu quelques problèmes techniques cette année.
Maggie : Il y avait des moisissures dans ta salle de bain ?
Amri : D’accord, ouais — donc c’est pas moi qui m’en suis occupée, c’est ma colocataire. Mais apparemment, pendant environ la moitié du semestre, il y avait des moisissures noires qui poussaient sur notre plafond.
Je regardais juste pas en l’air, je suppose. Et puis elle m’a dit genre : « Oh ouais, l’entretien est passé tout à l’heure parce que j’avais un problème de moisissures noires », et j’ai fait : « Quoi ? Les quoi ? »
Et ouais… je vivais ici avec des moisissures noires.
À part ça, je pense qu’Oldenborg allait bien. Il y a eu des pannes à l’échelle du campus et des trucs comme ça, mais pas seulement dans ce bâtiment. À un moment on n’avait plus d’eau spécifiquement dans notre aile. Je sais vraiment pas ce qui se passait là. Mais ouais, je pense qu’Oldenborg est architecturalement complexe. C’est en fait un aspect vraiment unique du design.
Maggie : C’est difficile de se faire cambrioler.
Amri : Exactement. C’est ce que je disais — c’est en fait vraiment sécurisé.
Bien que, si on parle d’expériences négatives, c’était pas la mienne personnellement, mais apparemment il y avait un homme plus âgé — clairement pas des 5C — qui s’est retrouvé je-ne-sais-comment dans mon couloir, au deuxième étage du couloir francophone.
Il se baladait juste et écrivait des messages de non-dualisme hindou sur le mur communautaire. Je lui ai pas parlé, mais il était juste devant ma porte, et aussi juste devant la porte de ma colocataire.
Elle est sortie pendant qu’il travaillait sur le mur, et il lui a demandé quelque chose du genre : « Est-ce que ce dortoir est réservé aux étudiants ou est-ce que les assistants d’enseignement y vivent aussi ? » Je me souviens plus exactement de ce qu’elle a répondu, mais en dehors de l’écriture — que je trouvais discutable mais aussi philosophiquement intéressante — j’étais aussi déconcertée par la situation.
Surtout parce qu’il posait des questions sur les assistants d’enseignement, et je sais pas trop pourquoi. Mon amie a dit qu’il était plus âgé, peut-être avec une queue-de-cheval argentée, et qu’il ne semblait pas complètement sobre ni stable mentalement. Alors j’espère qu’il va bien. Je sais juste vraiment pas ce qui se passait.
Maggie : Comment tu te sens par rapport à la destruction d’Oldenborg ?
Amri : Honnêtement, c’est doux-amer. D’un point de vue pratique, j’y revivrais bien. Les équipements sont vraiment bons. Si je peux avoir la climatisation et ma propre salle de bain sur un campus où c’est pas garanti, je prends Oldenborg.
La taille de la chambre est correcte, l’espace de rangement est bien, et les fenêtres sont sympas. D’un point de vue sentimental par contre, je me sens un peu partagée. Je sais que la communauté déménage à Lorry, donc elle ne disparaît pas complètement.
Mais je pense que les souvenirs chaotiques et un peu bizarres liés au bâtiment vont me manquer. Par exemple, les gens plaisantent sur le fait que les salles de bain du sous-sol sont flippantes. Ça devient une sorte de rite de passage. Je me souviens qu’au début de l’année on plaisantait sur l’idée d’organiser des soirées films d’horreur là-dedans, parce que c’est vraiment le décor parfait pour ça. Il y a même une borne d’arcade en panne en bas.
Maggie : D’ailleurs, j’ai laissé ma caméra dehors — je vais juste aller vérifier rapidement. Désolée, j’ai eu une poussée de paranoïa.
Amri : Non, c’est compréhensible.
Amri : Je pense que ce sont les aspects bizarres d’Oldenborg qui vont me manquer le plus. C’est un peu comme une relation fraternelle. On se dispute, c’est le bazar, parfois désagréable, mais on l’aime quand même. Même si ça t’énerve, ce lien reste là. Oldenborg a une architecture vraiment déconcertante, mais c’est aussi ce qui la rendait spéciale. Quand on est tous arrivés, c’est quelque chose autour duquel on s’est soudés — le fait de se perdre.
Beaucoup de mes amis qui n’habitent pas ici trouvent le sous-sol plutôt terrifiant. Et honnêtement, il l’est. Il y a une borne d’arcade en panne, plein de salles verrouillées — c’est littéralement un décor de film d’horreur. Je crois qu’il y a même eu un projet de film d’horreur étudiant là-dedans où ils mettaient du faux sang sur les murs et utilisaient des machines à fumée, et ils ont accidentellement déclenché l’alarme incendie vers minuit. Alors ouais, ce sont ce genre de moments qui vont me manquer.
Aussi juste le fait d’être avec des amis dans des espaces communs, de mettre de la musique à fond dans le salon, d’avoir des mini soirées de dortoir jusqu’à 3h du matin — ce genre de choses ne sera plus vraiment possible de la même façon. Mais j’ai vu les designs du nouveau bâtiment et ils sont vraiment bien. Oldenborg est vieux. Même si on le gardait, je pense que ça irait de vivre ici encore un an… on peut juste faire avec les moisissures noires. Mais ouais, ça va être triste de voir ces souvenirs disparaître physiquement.
Maggie : Super. Merci beaucoup.
Derek Kyan, PO ’28
Vivienne : D’accord. Peux-tu me dire ton nom et ton année d’études ?
Derek : Je m’appelle Derek Kyan et je suis en deuxième année à Pomona.
Vivienne : D’accord. Euh, pour commencer, peux-tu simplement me dire ce qu’Oldenborg représente pour toi ?
Derek : Bien sûr. Oldenborg est un lieu où je peux rencontrer des personnes venues du monde entier. On ne rencontre jamais deux personnes venant exactement des mêmes endroits à Oldenborg. Surtout dans mon couloir, où il y a des étudiants de tout le pays, mais aussi de Taïwan et de différentes régions de Chine. (J’habite dans le couloir chinois.) J’ai donc pu nouer des liens avec beaucoup de ces étudiants. Et puis, c’est vraiment agréable de vivre dans un espace du campus où je peux parler chinois avec les autres et partager une culture commune avec eux.
Vivienne : Euh, as-tu un souvenir ou une expérience marquante de ta vie là-bas ?
Derek : Un souvenir qui me vient à l’esprit, c’est que notre résident chinois organisait souvent des repas. Pour le Nouvel An chinois, par exemple, nous avons préparé des boules de riz gluant. Ça s’appelle des tangyuan, et c’est un dessert que l’on mange pour le Nouvel An chinois. Nous les avons préparées ensemble, et c’est un très bon souvenir parce que nous en avons mangé beaucoup ce soir-là. Ensuite, nous avons aussi fait du karaoké. Mais ce ne sont pas seulement les événements organisés dans mon couloir chinois qui me marquent ; il y a aussi toutes les choses que je fais avec mes amis à Oldenborg. Mon amie […] a une suite d’amitié, alors parfois je dormais dans son salon et nous passions simplement toute la soirée ensemble. J’allais aussi passer du temps dans différentes chambres et différentes suites d’Oldenborg.
Vivienne : Merci. D’accord, et ma dernière question : qu’est-ce que tu penses de la démolition d’Oldenborg ?
Derek : Je pense qu’Oldenborg devrait être le tout dernier bâtiment du campus à être démoli. Franchement, les étudiants qui entreront en deuxième année l’an prochain vont manquer quelque chose. Et je crois que je vais être vraiment triste. Ma chambre individuelle à Oldenborg va beaucoup me manquer. C’est le genre d’expérience qu’on ne revivra jamais, tu vois ? Mais je suis impatient de découvrir ce que deviendra le nouveau bâtiment Oldenborg après mon diplôme, et j’espère qu’Oldenborg continuera d’être l’espace qu’il est aujourd’hui.
Gene Yu, Membre de la communauté
Ella : D’accord, pour commencer, est-ce que ça vous dérange de vous présenter ?
Gene : Bonjour, je m’appelle Gene, Gene Yu, et euh… je fréquente Oldenborg depuis… eh bien, cela fait maintenant seize ans que je viens à Oldenborg, que j’y prends mes repas.
Ella : C’est incroyable, c’est fou. Euh, et combien de langues parlez-vous ?
Gene : J’en parle une poignée, et la plupart plutôt mal. Euh, mais je peux me débrouiller en voyageant à l’étranger sans utiliser l’anglais dans plusieurs pays, ce qui ne veut pas dire que je parle très bien ces langues. En réalité, il faut très peu de connaissances pour voyager. Tant que ça ne vous dérange pas de vous ridiculiser un peu. Tant que vous aimez faire ça.
Ella : Est-ce que ça vous dérange de dire lesquelles ?
Gene : Oh pardon, pardon. Euh, j’ai grandi en Corée, donc le coréen est ma langue maternelle, alors évidemment je le parle. Et j’ai étudié quelques années le chinois et quelques années le japonais. Nous verrons bientôt si je peux vraiment survivre au Japon, puisque je pars pour Tokyo dès la semaine prochaine. Pour le chinois, je pense être un peu moins prêt à essayer. C’est encore plus élémentaire que mon japonais, je crois, mais je suis prêt à tenter le coup. Sinon, j’ai voyagé en Allemagne, en France et en Italie en utilisant ces langues avec une certaine aisance.
Ella : Et le russe ?
Gene : Le russe, ce serait très intéressant ! Ce serait très intéressant de voir si je peux me débrouiller d’une manière ou d’une autre. Si je peux y entrer sans problème et en ressortir sain et sauf, à l’heure actuelle. L’Ukraine serait peut-être un meilleur choix, ou l’une des anciennes républiques soviétiques. Voyons voir. Je pourrais probablement survivre aux Pays-Bas avec mon néerlandais de base. Le seul problème, c’est qu’ils parlent tellement bien anglais qu’il peut être difficile de les empêcher de passer à l’anglais. Mais j’ai effectivement réussi à me débrouiller en néerlandais aux Pays-Bas il y a quelques années.
Ella : D’accord, donc si on récapitule : le néerlandais, le chinois, le japonais, le coréen, le russe, le français, l’allemand et l’italien ?
Gene : Quelque chose comme ça. À une époque, je me débrouillais aussi assez bien en suédois, mais je l’ai un peu laissé de côté. Mais encore une fois, ils parlent souvent mieux anglais que beaucoup d’Américains ! [rires]
Ella : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’apprendre des langues ? Pourquoi avoir voulu en apprendre huit ?
Gene : Je crois que j’aime entrer en contact avec des personnes d’horizons différents. Je ne sais pas, c’est simplement quelque chose qui me plaît. Je ne parle aucune de ces langues particulièrement bien, mais j’aime quand même pouvoir parler avec des gens de cultures différentes dans leur propre langue et leur arracher un sourire ou un rire.
Ella : Waouh, c’est magnifique, j’adore. Euh, quelle a été votre première expérience à Oldenborg ? Comment avez-vous découvert Oldenborg ou les tables de langue à Pomona ?
Gene : J’ai déménagé ici depuis l’Oregon. Même si j’avais vécu en Californie auparavant, il y a une trentaine d’années, à l’époque j’habitais en Oregon. Je vivais tout près du campus de l’Université de l’Oregon. Là-bas, je participais à quelque chose de similaire, mais pas à cette échelle. J’allais dans une pizzeria où les germanophones se retrouvaient une fois par semaine, je crois le mercredi soir, dans un endroit qui s’appelait Chi Town Pizza. Un autre soir était consacré au français et un autre à l’italien. Quand je suis arrivé ici, je cherchais une occasion semblable, et c’est ce que j’ai trouvé en ligne. Et cela s’est révélé être quelque chose d’assez extraordinaire. Je ne m’attendais jamais à cela : cinq jours par semaine pendant le semestre universitaire. C’était formidable. À l’époque, le déjeuner commençait à 11 h 30 et on nous demandait de partir vers 13 h 15, donc nous avions beaucoup de temps. Certains jours, je participais à deux ou trois tables de langue.
Ella : Donc vous disiez que cela fait seize ans que vous fréquentez Oldenborg…
Gene : Oui, c’est ma seizième année, donc quinze années complètes déjà. Et cela m’a réellement aidé à maintenir certaines de mes langues, parce que sans cela je n’aurais pas eu l’occasion de les pratiquer régulièrement.
Ella : Pouvez-vous développer un peu ? Comment Oldenborg a-t-il influencé votre apprentissage des langues, mais aussi vos relations avec les autres personnes que vous y avez rencontrées ?
Gene : On peut suivre des cours de langue, mais si l’on ne voyage pas dans les pays où cette langue est parlée ou si l’on ne fréquente pas régulièrement des locuteurs de cette langue, on la perd très vite, très facilement. Même si l’apprentissage d’une langue demande énormément d’efforts, la perdre est incroyablement facile et rapide. Quand je suis arrivé ici, participer aux tables de langue d’Oldenborg m’a permis de maintenir, voire d’améliorer certaines de mes langues sans même suivre de cours. En particulier l’allemand, je pense.
Ella : D’accord. Avez-vous un souvenir préféré d’Oldenborg ? Ou peut-être une personne rencontrée ici avec qui vous vous êtes rapproché grâce à cet endroit ?
Gene : Oui. Ma femme et moi venons tous les deux ici. Enfin, elle m’a rejoint il y a seulement quelques années lorsqu’elle a commencé à apprendre le japonais, donc elle a commencé à venir plus régulièrement. Elle s’est vraiment rapprochée de ses camarades de classe et nous faisons des sorties ensemble pour dîner, aller à Koreatown ou encore… comment s’appelle l’observatoire à Los Angeles ?
Ella : Oh, Griffith ?
Gene : L’Observatoire Griffith ! Ou divers autres endroits. J’ai donc passé beaucoup de temps avec eux. J’ai joué au pickleball avec certains d’entre eux et nous restons parfois en contact même pendant les vacances. Je trouve cela très agréable, très enrichissant, très satisfaisant. Et puis certains obtiennent leur diplôme, mais continuent à donner de leurs nouvelles après avoir trouvé un emploi. C’est formidable.
Ella : Donc c’est un lieu de rencontres autant qu’un lieu d’apprentissage des langues ?
Gene : Exactement. Oui, cela permet de créer de très belles relations avec des personnes venant de différentes régions du pays et du monde.
Ella : Pensez-vous qu’Oldenborg a contribué à développer votre ouverture internationale ou votre conscience interculturelle ? Vous semblez déjà avoir beaucoup voyagé et côtoyé des personnes de nombreux horizons.
Gene : Je pense que oui, absolument. Et puis il y a aussi beaucoup de conférences organisées par l’OLC, avec des intervenants venant de différentes régions du monde pour parler de sujets variés, souvent de questions internationales. Il y a également de nombreux étudiants internationaux ici. Donc, lorsqu’on n’a pas la possibilité de voyager, être ici revient presque à faire le tour du monde.
Ella : D’accord, peut-être une dernière question. Envisagez-vous de participer à la prochaine version d’Oldenborg, quelle qu’elle soit ? Avez-vous des espoirs pour le nouveau projet ou des inquiétudes concernant la disparition de l’Oldenborg que nous connaissons aujourd’hui ?
Gene : Je pense qu’ils ont de très bons projets pour l’avenir d’Oldenborg. Ils prévoient réellement d’agrandir l’Oldenborg actuel et de le moderniser, donc cela ne peut être qu’une bonne chose, et j’attends cela avec impatience. Nous voulons aussi en faire partie. En attendant, nous espérons… J’ai entendu dire que les tables de langue continueraient à Frank ou dans certaines autres salles à manger du campus. J’espère que nous ne perdrons pas cet élan, que les étudiants ne perdront pas cette dynamique de vivre dans des résidences linguistiques et de participer aux tables de langue pendant les repas. Parce que je pense que Pomona College est probablement l’un des meilleurs établissements au monde pour ce genre d’initiative. Je ne connais pas beaucoup d’autres exemples comparables, peut-être à part Middlebury. Je n’y suis jamais allé, mais j’ai entendu dire que leurs programmes étaient excellents. Nous avons ici quelque chose de vraiment très spécial, quelque chose qu’on pourrait même qualifier d’unique. J’ai hâte de voir cette version plus grande et encore meilleure prendre forme.
Shixiao Yu, PO ’28
Maggie : Si tu pouvais juste me dire ton nom, ton année, depuis combien de temps tu vis à Oldenborg, des souvenirs que tu y associes, et comment tu te sens par rapport à sa destruction et tout ça.
Shixiao : Bonjour, je m’appelle Shixiao. Je suis en deuxième année et j’ai vécu à Oldenborg pendant un an, l’année scolaire 2025-2026. Je pense qu’Oldenborg est un endroit formidable, principalement parce qu’il offre — enfin, surtout je pense pour le couloir japonais, dans lequel je vis — une communauté très soudée, et beaucoup de ça est facilité par le fait qu’on vit très proches les uns des autres et que le salon japonais est très pratique, juste au bout du couloir. Donc beaucoup d’entre nous y restent pour étudier ensemble. Oldenborg fournit aussi beaucoup de ressources, comme par exemple les jeux de go et les jeux de shogi qu’on utilise pour jouer et tisser des liens. Et j’aime le fait qu’il soit très pratique d’aller à la cafétéria également.
Euh, concernant la démolition — je suis triste évidemment, mais une grande partie de ça vient aussi de circonstances atténuantes, comme le fait qu’il est plus difficile de trouver un logement pour le semestre prochain, ou qu’on ne l’aura pas pendant les deux prochaines années où je serai sur le campus. Mais je pense que c’est une bonne chose qu’ils prévoient de le rénover et d’en faire, espérons-le, un meilleur endroit où vivre — genre moins comme une prison, tu vois ?
Maggie : Tu trouves que ça ressemble à une prison ?
Shixiao : Juste un petit peu.
Maggie : D’accord. Euh, y a-t-il des souvenirs d’Oldenborg qui resteront avec toi ?
Shixiao : Beaucoup de mes souvenirs sont associés aux gens et aux choses que j’ai faites à Oldenborg, comme les cours de conversation. J’ai suivi le cours de conversation japonaise le semestre dernier et on a filmé une émission de cuisine dans la cuisine d’Oldenborg, et c’était très mémorable. Beaucoup des pauses études se font aussi dans la salle en verre ou dans la cuisine, des endroits comme ça.
Salvador Peña Nissenblatt, PO ’29
Vivienne: D’accord euh, alors est-ce que tu pourrais me parler un peu de ce que Oldenborg signifie pour toi?
Salvador: Euh, au début quand j’ai commencé à aller à Oldenborg, j’étais toujours vraiment nerveux, et je me sentais, euh, intimidé par toutes les personnes aux tables. Mais j’ai commencé à me faire des amis et c’est devenu un si grand, genre, pilier de communauté, euh, et j’ai commencé à y aller plusieurs fois par semaine et j’étais tellement content d’y aller. Donc, genre, je pense que Oldenborg, c’est pour moi un endroit de communauté très spécial.
Vivienne: Est-ce que tu pourrais me parler d’un souvenir ou d’une expérience qui t’a marqué ou qui a beaucoup compté pour toi?
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Salvador: Je me souviens d’une fois le semestre dernier, je suis resté à- enfin, je vais à Oldenborg pour le japonais – et l’espagnol – mais j’étais à la table de japonais, euh et je suis resté vraiment longtemps après. Genre, probablement jusqu’à presque 14h même si techniquement Oldenborg ferme à une heure après midi ou quelque chose comme ça. Mais, euh, je suis juste resté là à parler avec le résident de langue et cette étudiante en dernière année, euh, à propos de la langue et d’Oldenborg et de l’expérience d’apprendre une nouvelle langue et juste c’est un souvenir tellement précieux pour moi parce que ça m’a fait réaliser à quel point, genre, Oldenborg ce n’est pas seulement pratiquer la langue mais c’est aussi les personnes qui composent les tables de langue et les expériences qu’elles ont vécues et, genre, la sagesse qu’elles sont prêtes à partager avec les autres.
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Vivienne: Ma dernière question est, si tu pouvais partager quelques-unes de tes pensées sur le fait qu’Oldenborg soit démoli cette année?
Salvador: Euh, ça me rend vraiment triste. Même si, genre, je suis en première année et que je viens juste d’arriver, genre, j’aime vraiment- j’aime le bâtiment et j’aime l’espace et ça va être triste d’avoir les tables de langue, euh, à Frank l’année prochaine. Ce ne sera juste pas pareil. Mais, comme je l’ai dit avant, ce sont les gens qui font Oldenborg donc peut-être… Je- je pense définitivement que ce sera quand même un super endroit où aller. Mais je suis triste qu’il soit démoli.